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Retour à l'ordinaire, très ordinaire même pour ma cinquième course cette saison. Les avenues de la zone industrielle d'Ormes sont moins sexy que le Kwaremont ou le Carrefour de l'Arbre mais grâce à quelques clubs et leurs bénévoles il est encore possible de faire vivre le vélo y compris un dimanche d'élections, même si c'est sur de tels parcours. Ceux qui sont peu excusables par contre sont les coureurs. Pour avoir le couteau entre les dents au mois de novembre et décembre il y a du monde mais pour être encore présent au printemps c'est autre chose. Vingt six gars en première caté, à peine vingt en deux...

Je partais un peu dans l'inconnu au sujet de ma forme après une coupure d'une petite semaine sans vélo mais aussi de quatre week ends sans compétition. Je n'ai repris l'entrainement que le jeudi précédant la course et ressentais de la fatigue d'une longue sortie effectuée ce jour là. J'appréhendais surtout l'éventuel manque de rythme après des randos et les sorties préparatoires qui demandent plutôt à être diésel. Et avec ce petit peloton au départ ça n'arrangeait pas mes affaires...

Nous sommes trois du club au départ, Michel, André et moi. Je choisis de courir devant et de suivre tous les coups. Trop devant peut être mais je préfère faire plusieurs fois l'effort et ne rien rater. C'est André qui va trouver l'ouverture après les pétards mouillés des premiers tours et il va faire valoir ses qualités de rouleur pour parcourir quelques kilomètres en solo avant qu'un groupe de cinq ne parte à sa poursuite.

Sentant que ça commence à s'endormir un peu dans le restant du peloton, je mets une grosse attaque juste avant la ligne droite d'arrivée. Un coureur fait l'effort pour me rejoindre avec comme souvent dans ces cas là tous les mecs dans sa roue. Sitôt sur moi je lui demande de relayer mais j'entends à sa respiration plutôt...haletante qu'il a dû s'employer ! J'imagine qu'une partie des autres gars sont dans le même cas et juste avant de virer à droite pour la longue ligne d'arrivée j'en remets une - même si moi aussi je dois retrouver un second souffle. Je sens malgré tout qu'il faut y aller là ou jamais et j'avoue que je n'ai rien compté. La ligne droite doit faire 700 mètres, je l'ai faite avec 53 x 12 et mon compteur m'a affiché après la course une vitesse maxi de 59 km/h ! Effort payant puisque je fais la jonction juste avant de virer à droite sur ce circuit en rectangle.

 

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Il reste cinquante bornes, nous sommes sept devant, tout ce que j'aime et ce qu'il me faut au niveau du tempo. Les relais se font très bien et nous creusons très vite un écart qui nous mettra hors de portée. Les tours vont défiler sans que personne ne songe à briser notre harmonie. Il faut dire que la ligne droite opposée à l'arrivée s'emprunte avec vent de face. Curieusement c'est dans cette partie que je me sentirai le mieux.

 

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En échangeant deux mots avec André, je sais qu'il va attaquer dans les derniers tours faute de pointe de vitesse lui permettant de s'imposer au sprint. C'est chose faite à quatre tours de l'arrivée. Il sort vent de face tout de suite pris en chasse par le coureur de l'ASPTT Orléans. Je prends les roues et le coureur de Voves nous rejoint. Nous sommes quatre, probablement les quatre plus costauds de l'échappée et les deux gars que je pointais sont évidemment là. Le coureur d'Orléans m'a semblé costaud mais je vois qu'il compte ses efforts arguant sur le fait qu'André et moi portons le même maillot et le coureur de Voves a le physique rablé d'un gars qui doit aller vite au sprint.

Pas forcément gagné d'avance. André va remettre ça dans le dernier kilomètre, de nouveau vent de face mais les deux gars vont garder sa roue. Dans l'avant dernière ligne droite je lui crie de continuer à emmener ce qui va nous conduire jusqu'au dernier virage que j'aborde troisième. Il reste ensuite environ deux cent mètres, juste de quoi me permettre de déborder nos deux accompagnateurs.

 

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Je décroche donc mon deuxième bouquet, agrémenté de la belle 4ème place d'André et la 5ème de Michel. En première catégorie, Wiliam va terminer 6ème tandis que Pascal et José finissent dans le peloton.

Mes craintes n'étaient donc que moyennement fondées. J'ai eu des sensations finalement meilleures que ce que je pensais.

Pas de course pour moi le week end prochain. Celle du samedi ne me plait pas et celle du lundi représente un déplacement un peu long. Je devrais me contenter de la randonnée Marc Doyen où je vais retrouver une ambiance que j'aime aussi, sans pression de résultat et entre potes.