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Le 5 juin 2017 marque une double date anniversaire. Une récente et une autre qui me vieillit beaucoup plus.

Le 5 juin 1987 soit trente ans derrière nous, j'ai levé les bras pour la première fois sur une ligne d'arrivée. Trente ans...

Après des débuts dans la catégorie minime en 1982, débuts assez folkloriques pour un gamin qui ne connaissait rien à tout ce qui tourne autour de la compétition, ne venant pas d'une famille ayant patiqué le cyclisme. J'aimais regarder le Tour de France à la télévision, les couleurs de tous ces maillots, les classements auxquels je commençais à m'intéresser. Puis les vacances d'été dans les Landes où je connaissais une famille du sud ouest dont les deux garçons plus ou moins de ma génération étaient eux à fond dedans. Les tours de vélo le matin avec mon char d'assaut de l'époque, trop grand et trop lourd mais qui m'a permis de voir que j'arrivais au mieux à les suivre.

Puis cette première licence à l'US Orléans, club routier aujourd'hui disparu pour mes premières années laborieuses. En minime et cadet, tu tombes sur des mecs qui dominent tant physiquement que tactiquement et moi je pêchais dans les deux catégories ! Je suis tombé sur des gars qui empilaient les victoires et les places d'honneur alors que sur mes deux premières années ma place était plutôt située entre 12 et etc...

En cadet deuxième année j'ai commencé à me placer. Hors du podium mais autour plus ou moins de la cinquième place. Je ne pense pas que j'aurais gagné pour autant, les gros moteurs de l'époque dont mon copain Balou ne laissant que des miettes aux petits mecs comme moi. En juillet j'ai chuté au championnat du Loiret et laissé ma clavicule sur un trottoir. Saison terminée.

Junior première année toujours à l'USO, courses avec les séniors, les fameuses "3 et 4", changement de distance (pour ceux qui font du vélo aujourd'hui, en troisième caté à l'époque les courses c'était minimum 90 bornes et jusqu'à 115 et parfois plus), nouveau  braquet après le 50 x 16 imposé aux cadets bref changement complet d'univers et de nouveau une bonne dose de baffes dans la tronche chaque week end. Abandons, places dans les profondeurs du classement puis à partir de l'été quelques placettes dans le top 12/15. Pour tout résumer : mauvais mais toujours en apprentissage.

Mais...en fin d'année et pour ma seconde saison dans les sous bois j'ai réussi à gagner une première fois en cyclo cross dans la catégorie junior. Puis je suis passé à l'inter saison au Cercle Gambetta, la référence à l'époque et réussi à enchainer avec un second succès encourageant en janvier, toujours en cross. Rien à voir avec un résultat sur route mais l'effort du cross permet de savoir qu'on peut aller un peu loin dans la douleur, chose que je n'avais peut être pas totalement intégrée dans mes premières années...

Mon année de junior 2 a été encourageante avec quelques belles petites places mais toujours en second rideau. Puis vint la fin de mes études et un peu plus de temps pour rouler que seulement le mercredi comme je le faisais depuis mes débuts et une révélation : Quand tu t'entraines ça va beaucoup mieux !!! Avec deux années d'expérience avec les troisièmes caté et la caisse prise avec un bon entrainement hivernal j'ai pû aborder ma première année sénior avec un peu plus d'espoir de bien faire.

Plusieurs top 10 assez vite (un bon résultat à l'époque, je rappelle pour ceux qui trouvent qu'aujourd'hui on est nombreux quand on est 40 qu'à ce moment là les pelotons du début de saison étaient compris entre 100 et 200 mecs et parfois plus...), la troisième place sur la course de Poilly lez Gien sur le même circuit que les 1ère caté puis ce 5 juin le critérium de Patay.

 

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La photo est très moche mais elle a le mérite d'exister. J'ai gagné ma première course. Cinq ans après mes débuts cahotiques, laborieux, avec des camarades qui pour certains sont toujours mes amis aujourd'hui et d'autres qui se foutaient de ma gueule parce qu'ils marchaient fort et pas moi (mais qui au final n'ont pas fait de vieux os dans le vélo pour certains). Critérium à Patay, 90 bornes sur un circuit d'un kilomètre et quelques (les coureurs d'aujourd'hui apprécieront encore la différence de kilométrage), sprint massif. Je me revois encore placé en trois ou quatrième position au dernier virage de cette course qui je crois existe encore aujourd'hui, déboiter les mecs et franchir la ligne le premier. Voilà mon gros toi aussi tu pouvais le faire.

Et j'y arriverai de nouveau, beaucoup plus que ce que j'aurais pû imaginer à mes débuts, et peut être beaucoup plus que d'autres personnes pensaient mais je parlerai peut être de la suite dans dix autres années. Ou cinquante.

 

Et plus près de nous il y a tout pile 10 ans, un peu lié au vélo mais pas autant qu'à ma vie personnelle, un passage sur la table d'opération pour une hernie discale. Les plus courageux pourront en retrouver trace sur le blog car cela coïncide avec l'année de sa création. Pour résumer et par ironie du sort, au soir de mon premier Tour des Flandres j'ai ressenti une vive douleur dans le bas du dos qui a été croissante sur les semaines suivantes au point que je n'avais plus de sensation de force dans la jambe droite. Plus de vélo ou presque, plus de possibilité de marcher à pied correctement. La tuile.

Pas mal de semaines perdues avant d'avoir le verdict de l'hernie discale qui me comprimait le nerf sciatique. L'opération fût la seule issue faute de pouvoir me resservir de ma jambe dans des conditions normales un jour. Donc autant dire que pour faire du vélo...

 

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Des doutes puis un retour à une condition à peu près normale qui me permettra de retrouver mon sport, mes copains et tout plein de belles choses sur ces dix années. De lever les bras de nouveau aussi même à un niveau de plus en plus bas.

Une morale à tout ça ? Persévérance, un mot qui prend tout son sens dans le sport et en particulier le vélo. Happy birthday.