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Les week ends se suivent mais celui-ci sera malheureusement le dernier pour quelques semaines. Avec un programme digne de pros, nous bouclons cette série printanière entamée il y a un mois par Liège Bastogne Liège.

Une équipe toujours en turn over avec cette fois Florestan qui découvre sa première classique, Stef qui a déjà bouclé deux LBL dont une fois le grand parcours puis Hervé et moi qui ajoutons une pierre à l'édifice des classiques mythiques.

Je n'en menais pas large au départ au vu du menu qui nous attendait avec un dénivelé important et bien évidemment de belles bosses parmi les plus difficiles des Ardennes. Il ne fait aucun mystère que je ne suis pas grimpeur mais au final je pense ne pas trop mal m'en être sorti.

Nous avons raisonnablement choisi le parcours moyen sur 154 kilomètres, avec trois côtes de moins que ce que les professionnels effectueront. Il y a 7000 partcipants au total mais rien à voir avec un Tour des Flandres par exemple puisque la plupart des routes empruntées sont larges et que nous ne rencontrerons jamais de souci d'embouteillages dans les bosses mais revers de la médaille, nous ne roulerons quasiment jamais dans un peloton.

La sortie de Liège est un peu fastidieuse avec obligation de respecter les règles de circulation puis dès le départ réél le ton est donné avec une montée relativement douce mais qui va s'étaler sur trois bons kilomètres. Rien de bien dur néanmoins puisqu'on peut rouler sur le grand plateau.

La première difficulté répertoriée est annoncée au bout de cinquante bornes mais nous allons finalement être dans le ton de la journée bien avant puisque les kilomètres avalés au long de la rando ne seront en fait qu'une succession de montées et descentes.

Nous allons ainsi gravir assez vite une longue montée roulante de cinq kilomètres sur laquelle Hervé va faire un bon tempo (qui me permettra du moins de ne pas m'entamer en restant dans sa roue à une allure de 18 / 20 kilomètres/heure) toujours sur le grand plateau.

Arrive ensuite l'Ancienne Barrière, première difficulté officielle sur près de cinq kilomètres mais là encore avec un pourcentage moyen raisonnable de 4.7  Je vais malgré tout avoir un moment moins bien alors que nous avions accroché un groupe d'une quinzaine. Le tempo un peu rapide pour moi va me faire décrocher mais mes potes seront très prévenants et me feront réintégrer les roues.

La Haute Levée, deuxième côte du jour sera un peu plus dure avec un premier kilomètre à 12% mais se résumera elle aussi à un long faux plat qui s'avalera assez aisément. Nous serons par la suite dans la partie la plus agréable du parcours au niveau des paysages avec toujours des succesions de montées non répertoriées mais parfois assez difficiles qui vont nous amener vers le Col du Rosier, une belle bosse de 4500 mètres dans les bois avec toujours cette constante d'avoir les plus forts pourcentages au pied, cette fois-ci de nouveau sur du 12%.

Je me surprends à monter plutôt bien en enroulant un petit braquet et si on exclut Flo qui a son coup de pédale de VTTiste et qui grimpe comme un cabri, je garderai en visu Stef et Hervé - même s'il est encore diminué par son mal de dos du Tro Bro - sur la plupart des ascensions.

Le Rosier est suivi par le col du Maquisard, assez similaire dans sa faible difficulté et mes potes me feront la gentillesse ironique de me laisser le monter en tête !

Mais fini de plaisanter avec ces aimbales faux plats, nous allons déjà entrer dans les cinquante derniers kilomètres, là où les choses vont de corser. Nous approchons de Remouchamps synonyme de l'épouvantail du jour : la célèbre côte de La Redoute. Je ne le dis pas souvent mais juste avant de commencer l'ascension j'ai confié à Hervé que j'avais peur. Peur des pourcentages, peur de ne pas être à la hauteur. Stef m'avait bien expliqué le truc et mes sensations du jour m'avaient en partie rassuré et c'est malgré tout avec de l'excitation que je démarrais la montée.

Première rampe autour des 10 / 12% sur une route étroite cernée par les camping cars attendant le passage des pros. Plutôt sympa ces encouragements à cet endroit difficile d'autant que contrairement à un Ronde, on ne peut pas dire qu'il y ait foule sur le bord des routes sur Liège.

La route se cabre ensuite une première fois pour tutoyer les 20%. J'ai mis tout ce que j'avais de plus petit, 34 x 28 et ça se passe nickel. Pas mal de monde met pied en terre mais il n'en est évidemment pas question pour moi en enroulant bien mon petit développement. Comme tout au long de la rando, je serai surpris de doubler pas mal de monde, en tout cas j'ai plus doublé qu'été doublé !

 

30743653_575278606177420_1347942603579981824_nHervé au sommet de La Redoute

 

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Stef et Hervé sont quelques dizaines de mètres devant moi mais je ne vois évidemment plus Flo qui s'est fait plaisir en escaladant les dernières grosses bosses à bloc. Après un replat tout relatif car sûrement au delà de 10%, la route s'élève de nouveau vers les 20% à l'approche du sommet que je franchis plutôt pas mal, en tout cas en ayant conscience que ce sera peut être le meilleur moment de ma journée.

 

 

 

Nous allons après la descente profiter du ravito avant de vite aller chercher la Roche aux Faucons, une belle petite montée d'1.5 kilomètre avec là encore une pente moyenne de 9.9%. L'ascension est totalement différente de La Redoute avec sans cesse des petits replats mais tout en restant sur un pourcentage élevé. Les derniers hectomètres ne passent vraiment pas vite et je savoure le panneau annonçant le haut.

 

 

 

Encore une fois c'est une descente rapide suivie par une belle bosse non répertoriée sur plus d'un kilomètre qui va bien nous arrêter. Au sommet nous sommes déjà dans la périphérie de Liège et il ne nous reste que deux difficultés. Stef va faire honneur à son surnom de "patte de lapin" hérité d'un Milan San Remo plutôt malchanceux en crevant non pas d'une roue mais des deux en même temps !

Le temps de réparer tout ça et nous abordons l'ultime difficulté répertoriée, la côte de Saint Nicolas. Un kilomètre et demi à 7.6% avec un max à 13. Une première rampe droite intervient avec ensuite une succession de virages ressemblant à des lacets plutôt sympa à négocier. Comme on peut le voir sur la vidéo j'ai eu l'audace de revenir à la hauteur d'Hervé mais même dilminué il n'a pas accepté de se faire dépasser par un gros !

 

31068889_575278062844141_376505848303714304_nHervé et Stef au sommet

 

 

 

C'en est quasiment fini. Nous sommes dans la ville au milieu de la circulation et il faut de nouveau respecter les règles du code de la route. Il reste à gravir la montée d'Ans qui mène à la ligne d'arrivée de la course des professionnels. Une montée toute droite qui commence sur du 5% avant de s'élever progressivement jusqu'à du sept. Encore une fois il est intéressant de poser en vrai ses roues dessus après avoir vu la course à la télévision pour comprendre la difficulté.

Au sommet nous n'aurons même pas la chance de franchir la ligne (même si les infrastructures ne sont pas installées) et cela marquera pour mon compteur la fin officielle de la rando. Il faut en effet par la suite toujours dans la circulation rejoindre le lieu de départ fictif distant de huit kilomètres.

Comme vous avez sûrement pû le lire sur mes différents comptes sociaux, je n'ai pas pris un plaisir extrême à disputer ce LBL et pour tout dire le moins l'a emporté sur le plus. J'ai vraiment beaucoup apprécié La Redoute mais je n'ai pas eu cette petite étincelle que je peux avoir sur un Koppenberg, un Carrefour de l'Arbre ou un Poggio plus au sud. Peut être du fait que mes préférences vont aux Flandriennes. De même le fait d'être à de nombreux moments mêlé à la circulation et de ne pas pouvoir rouler plus souvent en peloton est assez perturbant et on n'a pas l'impression d'être sur quelque chose d'officiel.

J'ai en revanche été agréablement surpris de la manière dont j'ai passé les bosses, même si je répète que mes potes ont été sympas avec moi. Cela va me constituer un bonus pour un projet perso dont je parlerai prochainement.

Nous avons bouclé les 145 bornes (en haut d'Ans sans tenir compte du fictif retour) en 5 heures 30 à la moyenne de 26.7 kilomètres/heure.

 

 

C'est un quatrième monument que j'ajoute à ma collection et il ne restera que le Tour de Lombardie à disputer pour boucler la boucle des cinq grandes. Après cette première partie de saison il va être maintenant temps de recharger un peu les batteries avant de refaire un bon bloc en vue de Paris Roubaix Cyclo le 10 juin. A très vite.